Cet été, chantier Kerterre

Je suis heureuse d'enfin réaliser un projet qui me tient à coeur : une Kerterre et ses vitraux. Lorsqu'il y a quelques mois je parlais autour de moi de vitraux pour des écoconstructions, on ne me prenait pas très au sérieux. Le vitrail, c'est un art réligieux lié au monothéisme patriarcale mais c'est aussi un art décoratif bourgeois. Dit comme ça, ça semble antithétique avec mes positions et pourtant... Ces gestes, cette histoire, plier le plomb autour du verre, observer les jaunes d'argent du XVIème, c'est imprimé dans mon corps, dans mes yeux, dans mes sens depuis plus de 10 ans. Le vitrail, c'est intrinsèquement lié à l'histoire de l'architecture, ça évolue avec, ça change de forme, de lumière avec l'architecture. Je n'ai jamais été très sachante en matière d'architecture et celles que je cotoie, celles dans lesquelles je vis sont plus modestes qu'exceptionnelles. Je ne vis pas dans du patrimoine! Et c'est sans doute pourquoi ces dernières années, je me suis intéressée à une forme très particulière d'habitat : la Kerterre.


Ce qui m'a plu dans ce petit igloo de chaux et de sable créé en Bretagne pour la première fois par Evelyne Adam, c'est sa forme ronde, circulaire, sans bâti, sculptée à la main, réalisable sans charpente, sans gros outil, sans gros ciment, sans mec ! Je veux dire par là non pas que les mecs ne peuvent pas construire de Kerterre mais que ça semble échapper à leurs règles de construction et que manifestement une femme seule peut construire sa maison. Et du coup ça rejoint clairement mes recherches écoféministes. Echapper aux règles édictées des patriarcats, créer sur des terrains nouveaux, de nouvelles perspectives, de nouvelles manières d'habiter la Terre et donc aussi de nouvelles façons de construire nos habitations. Et il ne s'agit pas tant de rompre avec quelque chose, mais plutôt de renouer avec des mémoires anciennes, des savoirs-faire, une histoire de gestes et de corps qui ont subi l'inquisition technologique. Le retour à la Terre est nécessaire et de manière de plus en plus urgente, car la culture hors-sol est sans saveur et nous rend malade.




C'est peut-être par le corps que je fais le lien entre les vitraux et l'écoconstruction, ce que je sais dans mon corps : porter un savoir-faire et le mettre en oeuvre avec une recherche, chercher la balance entre les gestes qui s'inventent et ceux qui se transmettent.

J'ai reçu le soutien du FRAC Nouvelle Aquitaine pour la construction de la partie centrale de ma Kerterre et le chantier aura lieu cet été.

Communiqué_de_presse_Annonce_des_lauré
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